JEANNE SUSPLUGAS

>> Témoin de notre société de consommation, les photographies de Jeanne Susplugas sont de véritables réflexions sur le corps et sur tout ce qu'il ingurgite et subit. Elle expose fin octobre à la FIAC de Paris.

+ Je t'écoutes pour l'intro... Je n’ai pas un parcours très original ! Je n’ai pas fais d’écoles d’art tout en sachant que je voulais faire quelque chose de créatif. Je ne me souviens pas avoir vraiment « décidé d’être artiste ». Je voulais avoir une activité liée à la création et ensuite c’est une histoire de rencontres, de circonstances. Pour moi, j’ai eu l’impression que c’était plutôt le « milieu de l’art » qui me choisissait et le plus dur à été d’accepter l’idée que c’est ça que je voulais faire et que j’allais faire.

+ Peux-tu nous parler de ton travail ? Mon travail se décline dans différents médiums qui varient selon l’humeur, le lieu, enfin selon beaucoup de paramètres, mais surtout selon ce que je cherche à exprimer. Ensuite, ce sont les projets et les espaces qui dictent le reste. Je ne privilégie pas vraiment l’un par rapport à l’autre mais certains dominent comme la vidéo, le dessin, les installations ou la photographie qui apparaît sous différentes formes. Au début, j’ai commencé par travailler avec des jouets et avec l’idée du quotidien. En parallèle, j’ai développé pendant plusieurs années une réflexion sur le corps, non pas en tant que telle, mais de manière indirecte à travers le médicament en particulier mais aussi les produits de beauté, la chirurgie esthétique... Je me pose comme témoin de notre société de consommation. Je pars de mon histoire personnelle pour arriver à une histoire sociale. Quelque soit le médium, je traite souvent des mêmes thèmes, l’aliénation, la solitude ou le rapport à l’autre. Mais aussi sur la nourriture ou encore le paysage « Ordinary Landscapes » qui est une série de photographies très contemplatives et poétiques qui résultent de ma vie à Berlin et de la mélancolie ambiante du nord de l’Allemagne.

+ As-tu des influences artistiques ? J’en ai plein ! Je ne pourrais pas vraiment dire lesquelles car je pense que les influences sont plus ou moins inconscientes. J’ai des affinités avec certains mouvements, comme l’arte povera, ou certains artistes. Mais on reçoit tellement d’images qu’on devient des sortes de filtres et on essaie de retranscrire tout ça à travers notre propre expérience et sensibilité.

+ Ou puisses-tu ton inspiration ? Partout. Dans le plein, le vide. Le silence, le bruit. La haine, l’amour. Le calme, le mouvement… et tant d’autres choses.

+ Quelle est ton actualité ? En ce qui concerne la France, je participe à une expo de groupe de dessins à la galerie Magda Danysz organisée par Ultralab. Je participe aussi à une exposition itinérante de vidéos organisée par Michel Nuridsany qui se promène en Chine dans différentes villes. Sinon j’ai une expo à la galerie Florence Lynch à New York intitulée « Ordinary Landscapes » où je montre de larges photographies couleurs et des dessins.

+ Des projets ? Je pars dans quelques jours pour Sienne où je suis invitée à montrer « La Maison malade » au Palazo delle Papesse. Je participe à la fin du mois d’octobre au mois de la photo à Berlin – où je projette des images dans une pièce et crée une sorte de « cabinet de curiosité » dans l’autre – et à Bratislava – où je mêle différents médiums qui questionnent la place du médium photographique. Ensuite je fais le décor/installation pour un spectacle présenté au festival de Munster. Je participe aussi à différentes foires, notamment à la FIAC à Paris où je montre avec Valérie Cueto et Florence Lynch.

+ Le mot de la fin ! Merci et restez éveillé !!

>> Website : http://www.susplugas.com

Propos receuillis par B. / Photographies by Jeanne Susplugas
Jeanne Susplugas / Awake Studio © 2004. Tous droits de reproduction réservés.