LES TROIS COURONNES DU RAP LATINO

Après avoir marqué le rap français avec La Cliqua puis en solo, Rocca entame un nouveau départ avec son crew Tres Coronas. Rencontre avec "Chief" Rocca.

Awakestudio.com : Quel a été ton premier contact avec le rap ?
Rocca : Mon premier contact avec le rap c’était en France. J’ai grandi avec des maghrébins et des renois qui écoutaient que du rap, donc c’était Radio Nova et Dee Nasty, les cassettes qui tournaient avec M. Widi, Les Littles MC, NTM, des groupes comme Run DMC et Public Enemy… Tous les rappeurs de l’époque quoi ! En fait, je n’étais pas que dans le rap et j’écoutais beaucoup de musiques différentes. J’étais jeune, j’avais 12 ou 13 ans et à cet age là ton oreille est en train de se faire, ouverte à toutes sortes de musiques. Puis il y a eu le second album de Public Enemy « It takes a nation of millions to hold US back » et là je me suis dit : c’est ça ! Dès que j’ai écouté cet album et je me rappelle l’avoir eu en vinyl, je me suis dit : ok c’est ça ! Des renois véners devant un drapeau américain, un vrai choc. Je suis resté toute la nuit à écouter l’album et je ne comprenais pas comment ils faisaient cette musique.

Pourquoi as-tu ressentis le besoin de mettre ta carrière française entre parenthèses ?
Je ne mets pas ma carrière française entre parenthèses, c’est un prolongement. J’ai fait 10 ans de rap français en tant que professionnel et j’ai fait des chansons qui sont considérées comme des classiques : Les jeunes de l’univers, Tué dans la rue, Requiem, …

C’est vrai que c’est des gros pavés !
Ouais ! Ca a poussé des jeunes à rapper et ça à ouvert des voies à pleins de jeunes mc’s. On a amené une fraîcheur dans le rap avec La Cliqua et au bout de 10 ans, voila c’est mon parcours naturel, je reviens à ma langue natale qui est l’espagnol. J’ai toujours rappé en espagnol et j’ai l’occasion de le faire maintenant parce que j’ai donné 10 ans en France et je veux développer ma musique ailleurs. Ca se fait tout naturellement, c’est tout. En plus comme en France je n’ai jamais eu un bon manager ou une bonne maison de disque qui me motive à sortir des albums et à continuer dans une carrière française, je me suis dit : ok ! Je vais monter mon label et je vais faire des trucs en espagnol.

D’où ton absence ses dernières années. Tu étais passé où ?
Ces dernières années on a fait beaucoup de concerts, des mixtapes, on s’est déplacé sur le terrain avec P.N.O et Reychesta. On a fait des concerts en Colombie, à New York, Miami, Puerto Rico et dans pleins d’autres pays. On a fait des dates dans des petites boites, parfois des plus grandes et bref, avec Tres Coronas on a fait du terrain, on a repris ce que doit faire un groupe. Quand tu vois qu’aujourd’hui on prend un mec qui n’a pas de talent et on lui invente ce qu’il doit chanter, son look et son public… et bien nous on revient à ce que tu dois faire, c’est à dire se créer une identité musicale et un public.

Reprendre tout depuis le début ?
Non, ce n’est pas un début mais un nouveau départ. Le début je l’ai déjà fait !

Je voulais dire par-là que fort de vos expériences personnelles, avec Tres Coronas vous faite un retour aux vraies valeurs, aux bases du taf de mc : le terrain, les mixtapes, la scène, …
Ouais exactement et je trouve ça super bien. Quand ça fait longtemps que tu fais du rap, tu as l’impression de t’embourgeoiser un peu. Tu reçois des chèques confortables, tu es agréablement bien assis avec une maison de disque qui te sort des albums qui marchent plus ou moins bien, mais tu ne travailles pas vraiment l’essence même, le terrain quoi. Très Coronas est un jeune groupe et ça fait du bien à ma musique et à mes lyrics. Il était temps !

Comment c’est formé Tres Coronas ?
A l’époque P.N.O vivait encore à Bogota et comme il a grandit avec mes cousins, ils me parlaient sans arrêt d’un rappeur colombien qui avait séjourné à New York et qui rappait chanmé. En 2000 quand je préparais l’album « Elévation », j’étais tout le temps fourré à NY et on s’est rencontré car il venait de s’installer dans le Queens. Il traînait avec Reychesta, un dominicain qui rappais aussi et on a commencé à enregistrer des maquettes. Comme j’étais en pleine promo de l’album « Elévation », je faisais des aller-retours en France et un jour Rey ma appelé : « on fait quoi avec tous ces morceaux qu’on a enregistré ? Pourquoi on ne les sortirait pas en mixtape ?». Voilà comment est sorti la première mixtape en 2001, ce qui nous a permis de faire des concerts en Colombie car elle est aussi sortie la-bas. Aux Etats-Unis elle est sortie dans des petits clubs et dans la foulée on a sorti une deuxième mixtape, en fait une réédition avec des nouveaux titres puis une troisième et à partir de là on s’est dit : « ok on fait l’album ! ». Comme je n’avais plus rien qui m’attachait en France après la sortie de l’album « Amour suprême », je me suis investit à 100%. Avec P.N.O on a monté notre label « Parcero Production » et voilà, aujourd’hui on sort notre premier bébé sur notre label avec un DVD inclus.

Pourquoi monter votre propre label ? Pour être indépendant, pouvoir tout gérer ?
Ouais surtout qu’aux Etats-Unis il n’y a personne qui va t’aider. Là bas il faut vraiment faire son trou. Regarde 50 cent, il ne débarque pas comme ça. Avant il a sorti une flopée de mixtapes et c’est tombé entre les mains d’Eminem qui en a parlé à Dr Dre et voilà, ils l’ont produit.

C’est clair, il y a du boulot derrière.
Bien sûr qu’il y a du boulot derrière. C’est pas le gars il arrive comme ça, on lui met des chaînes en or autour du cou et des voitures derrière et vas’y, rap ! Je trouve important de se donner les moyens de le faire, personne nous a aidé et c’est à nous de tout faire pour le moment. Plus tard ça ira peut-être mieux et on sera ailleurs, mais pour le moment on fait tout nous même. C’est comme cela qu’on arrive à exporter notre musique

C’est aussi une forme de liberté.
Tout à fait. Mais c’est aussi du travail en plus.

Pour toi qui as connu le rap business, le fait d’être underground aujourd’hui ça représente quoi ?
Tu es libre mais la liberté c’est un prix à payer. Il faut redoubler de travail, c’est plus galère mais en même temps tu peux t’en prendre qu’a toi-même. C’est important car tu ne te vois pas rapper jusqu'à 40 ans et monter une structure, c’est aussi pouvoir plus tard se retirer pour produire d’autres gens.

Tu parles de production et de promouvoir des artistes sud-américains ? Ca bouge niveau rap en Amérique du sud ?
C’est en train de tout exploser. Ca va arriver trop fort et je donne pas trois ans pour que ça pête vraiment véner, que tout le monde parle de rap latino.

Est-ce que le rap latino a sa propre identité, mis à part la langue ?
Mais oui ! Regarde, si on a réussi à faire du rap en France tu vas pas me faire croire que l’on peut pas faire du rap en espagnol avec tout un putain de continent qui parle que cette langue !

Pour être franc, mis a part l’album de Cypress Hill « Los Grandes Exitos En Espagnol » et maintenant Tres Coronas, j’ai pratiquement jamais écouté de rap espagnol en France.
Parce qu’en France tu es un peu coupé de ce qui se passe mais tu sais, on n’est pas les seuls qui rappons en espagnol.

Par contre à Los Angeles, c’est vrai que j’ai entendu de la zik de ouf sortir des voitures.
Mais oui, là-bas il y a pleins de groupes qui sont presque tous indépendants, … même les gros sont indépendants de toute façon sauf que là-bas, l’indé’ il vend beaucoup. C’est vrai que si tu vas en Californie, à Los Angeles il y a plein de rappers chicanos qui rap qu’en espagnol : El Diablo, Conero, Capone, Dj Garcia… il y en a dix mille. Tu vas dans un rayon latino chez un disquaire aux Etats-Unis, tu vas te retrouver devant une centaine de groupes dont tu n’as jamais entendu parlé.

Pourquoi ce n’est pas plus commercialisé ?
Parce que ça reste dans la communauté pour le moment. Ca reste dans la communauté, mais ça va pêter ! C’est comme le reggaeton, c’est resté dans la communauté portoricaine pendant dix ans et maintenant ça explose. Pour le rap latino c’est pareil, ça explose du Texas à Washington en passant par Chicago, sans parler de l’Amérique Latine, du Chili à l’Argentine, du Vénésuela au Mexique, etc…

Y a un marché à prendre aux USA donc ?
C’est ce qui est en train de se passer. Regarde un groupe comme Aqui, c’est pas un groupe que j’aime particulièrement mais aux States ils ont vendu 500 000 albums et ils rappent qu’en espagnol.

Vu d’ici, le seul regard que l’on a sur la communauté latino aux USA c’est à travers quelques clips ou les photos d’Estevan Oriol.
Ah Estevan, ouais cool ! Je le connais personnellement et il tue comme photographe. Tu sais, l’Amérique est un pays communautaire et… par exemple : quand tu regardes un western tu vois des indiens, des anglo-saxons qui tuent des indiens et des noirs qui sont esclaves, ok ! C’est ce que tu vois mais tu ne vois pas les chinois, pourtant se sont eux qui ont construit les voies de chemin de fer. Dans un western tu ne vois pas les chinois et pourtant ils sont implantés aux USA depuis longtemps. Maintenant on les voit un peu plus parce qu’il ont une économie forte et pour les latinos c’est pareil. Quand tu es en Europe, les médias mettent l’accent sur telle ou telle chose et pas sur d’autres. Si on prend le rap, en Europe tu ne vois que les afro-américains alors que le hip hop ça vient du Bronx, un quartier de NY ou il y a autant de latinos que de renois. Les premiers breakers, les premiers graffiteurs, c’est tous des latinos. Dans Grand Master Flash, il y avait des portoricains.

C’est vrai que dans le film culte Wild Style, « Zorro » joué par Lee Quinones est un graffeur latinos.
Mais oui. En Europe les médias mettent la lumière sur une communauté qui les intéressent et quand tu vis aux Etats-Unis, tu ne vois pas les choses de la même façon. Ici, les communautés vivent, elles existent et se développent. L’Amérique est un pays communautaire alors que la France est un pays sauvagement colonial et raciste. Attention, ici c’est aussi le cas mais la différence c’est que ces communautés ont un réel pouvoir économique qui fait qu’elles peuvent exister dans la société.

Sacrée analyse.
C’est la réalité. En France on a une fausse image des USA parce que tu vois des clips et que tu te fais des films, mais c’est que des images. De même que le regard des ricains sur la France qui pensent voir un français avec un béret et une baguette sous le bras. Quand ils viennent, ils voient que des renois et des rebeux et se disent : « merde, c’est ça la France !?! ». Mais oui c’est ça la France et il est beau notre pays.

Tu gardes un œil sur le rap français ?
Pas vraiment mais, comme je suis en promo en France actuellement, je lis quelques magazines et je vois souvent dans les articles que tout le monde est bon !?! Alors j’ai l’impression que ça va bien mais quand j’écoute la radio, je ne trouve pas grand chose de bon. Je ne suis pas trop d’accord avec les journalistes.

Revenons à l’album. Comme je ne parle pas espagnol, peux-tu me dire quels sont les sujets abordés ?
Déjà petite précision : même si tu ne comprends pas la langue, la musicalité et le flow te parlent, doivent te parler. Personnellement j’ai toujours été contre le rap parlé comme j’en entends beaucoup trop en France. J’ai toujours été contre car pour moi le rap c’est rapper ! Quand tu parles, tu parles et quand tu rap, tu rap ! Le rap que j’écoute aux States, il est rappé. Il faut du flow, mettre son style, un rythme… déjà que tu ne fais pas de musique, met au moins du rythme.

Et le texte, l’importance des paroles ?
Si tu n’as rien à dire alors ferme ta gueule ! A partir du moment où tu prends le micro, c’est que tu as quelque chose à dire, c’est logique. Si tu n’as rien à dire, tu fermes ta bouche et tu écoutes les autres parler. Si tu l’ouvres, c’est que tu as quelque chose d’intéressant à dire, un message à faire passer. La base du rap c’est le message. Après ce qui m’intéresse c’est le flow, la forme. En espagnol, Tres Coronas c’est vraiment le flow, le flow avec des paroles. Voilà ! Maintenant pour répondre à ta question sur le contenu de nos textes, … La première chanson « Ahora O Nunca » qui se traduit par « maintenant ou jamais » raconte l’histoire d’un jeune de quartier qui a grandit avec son arme car il « travaille » dans la rue. Un jour il se fait descendre et Poncho dit : « putain, j’ai pas envie de finir comme lui ! Je préfère mettre toutes les chances de mon coté et m’investir à fond dans le rap pour m’en sortir ! ». Moi je parle de mon parcours, de mon nouveau départ, que c’est maintenant ou jamais que je dois faire mes trucs. Rey raconte qu’il sort directement de la rue et qu’il n’a jamais eu la chance de sortir un disque et que c’est le moment, c’est sa chance et il ne va pas la laisser tomber. « Instinto Animal » parle de survie dans la mouvance des grandes villes comme Paris, NY ou Bogota. Parfois il y a des instincts animals qui ressurgissent et qui te permettent de survivre, qui te disent ce que tu dois faire, c’est le coté sauvage. Pour la chanson « El Almaal Diablo » c’est trois histoires différentes : le parcours d’un gars qui reçoit de l’argent pour butter quelqu’un comme c’est souvent le cas en Colombie. Les Cicarios sont de très jeunes tueurs à gage qui reçoivent de l’argent et une photo et on leur dit d’aller butter un gars. Ils sont tentés et finissent par le faire car ils sont très pauvres. En fait cette chanson c’est sur les tentations du diable. Moi je raconte l’histoire de Fernando, un gars qui kiff la défonce, qui est maqué avec une junkie et boom, du jour au lendemain il tombe dans l’héro. Poncho raconte l’histoire d’une nana de 13 ans qui grandit dans les quartiers de NY et qui kiff la queue. C’est des histoires qui existent, qu’on connaît et qu’ont à vus. Après, il y a des chansons plus tranquilles comme « Mi Tumbao » ou je parle de ma manière d’être, de marcher, … « Trago Fiesta Bongo » parle des infidélités des femmes latinos et dans « Rateros », la chanson avec Cormega, Rey raconte son passé de voleur de voitures, comment il devait en arriver là pour gagner sa croûte. Poncho parle d’un voleur de Bogota qui arrive à NY comme il y en a pleins qui le font. Ils viennent et volent à la tire pendant cinq ou six mois, ils se font de l’argent et retourne en Colombie. En fait « Rateros » veut dire voleur.

Des histoires vraies, sur votre quotidien.
Voilà et on les racontent à la manière des latinos, avec toujours un coté cinématographique car c’est notre délire à nous. C’est pour cela qu’on a décidé de faire quatre clips sur le DVD. C’était important que les gens voient des images.

En parlant d’images, c’est Armen qui vous a fait la cover.
Armen c’est mon ami. C’est lui qui a fait toutes mes pochettes d’albums et comme je suis quelqu’un de très fidèle. Quand il a écouté l’album, il l’a trouvé très cinématographique et il a construit ses photos autour de cette idée, nous placer comme dans un film. Il est très fort.

Des images et des histoires vraies ok, mais ce coté gangsta c’est aussi pour le business ?
Non, c’est des histoires vraies et c’est tout. C’est des images qui reflètent notre réalité. L’autre jour j’étais à Bogota, on était en train de manger un truc et il y a un mec qui est descendu de sa voiture avec un flingue à la main. Il a tiré quatre coups et il est partit. On était à cinq mètres de lui.

C’est chaud Bogota ?
(…) Non, ca m’est arrivé qu’une fois. Tu sais, ce que l’on raconte dans des chansons comme « Nuesta Cosa » qui peux se traduire par « notre truc à nous », c’est notre façon de voir à nous les latinos. Il n’y a que les latinos qui peuvent réellement comprendrent de quoi on parle. On raconte des trucs que tout les latinos vivent.

Comment c’est fait la connexion avec Infamous Mobb ?
Ils travaillent dans le même studio d’enregistrement et ils fument la même weed que nous, donc ça c’est fait tout naturellement. Tu les croises tous les jours et ils finissent par rentrer dans ton studio pour écouter ta musique, ils flippent parce qu’ils entendent un son nouveau et tu finis par fumer des bédos avec eux. C’est des gens du quartier, des gars du Queens et on bosse avec les mêmes producteurs, les mêmes techniciens… et c’est pareil pour Cormega.

Il y a quelqu’un avec qui vous auriez voulu faire un feat ?
Non, en fait on ne voulais pas de featuring.

Comment qualifierais-tu le style de chacun ?
Rey il est très technique et il est fort en flow. P.N.O a de très bons thèmes et c’est quelqu’un qui va porter beaucoup d’attention aux histoires et… et puis moi c’est Rocca. (rires)

Vous avez écrit beaucoup de morceaux pour cet album ?
Ouais et les chansons qui ne sont pas sur l’album on va les sortir en mixtapes.

Les mixtapes font un véritable carton aux Etats Unis.
Bien sûr et en plus c’est ce qui nous a permis de vivre. On a fait 3 mixtapes avant l’album et il y a pleins de titres qui tournent sur le net.

Comment avez-vous sélectionné les titres de l’album ?
Par rapport à une ambiance.

Qui est la voie féminine dans « El Almaal Diablo » ?
Doulbis. C’est une cubaine et elle a une voie magnifique.

Tu t’intéresses à d’autre musique que le rap ?
Je suis un grand amateur de musique afro-cubaine et afro-carabéenne. J’écoute aussi de la musique africaine, du boléro, du jazz et de l’afro-américain.

Est-ce que tu t’intéresses aux autres disciplines du hip hop ?
Bien sûr ! Je travaille avec beaucoup de gens différents comme par exemple le graffeur qui nous a fait le logo de Très Coronas. Je kiff grave le graffiti et surtout la danse qui est à mon sens la forme la plus pure du hip hop en ce moment. La danse ne s’est pas encore trop dégradée dans le business et j’ai beaucoup de respect pour les breakers. C’est vraiment ce que l’on appelle de la discipline. Ce que je reproche au rap actuel c’est le manque de discipline. Les rappeurs ils croient qu’en écrivant un texte de merde sans flow ça passe, qu’ils peuvent rapper comme cela et boucler un album en une semaine. Non ! Putain ferme ta gueule, travaille et quand t’es prêt tu sors ton truc, mais t’affiche pas comme ça parce que tu casses le délire.

C’est le fric qui les motive.
Ouais, c’est ça et beaucoup de mauvais exemples aussi.

D’un coté tu as le mec qui taf 5 ans sur son album et de l’autre celui qui le balance en une semaine.
Ouais mais c’est pas ça qui me gène. Si le gars il travaille 5 ans sur son album et qu’au bout du compte il est mauvais et bien il a fait pendant 5 ans de la merde. A coté de ça il y a un mec de 18 ans qui va arriver, il est super frais et ça fait que 2 ans qu’il rappe mais il tue. C’est pas le temps qui est important c’est comment tu vas tuer, si t’es bon ou pas. Les critères de qualité se font par rapport à une culture que tu as développée et grâce à tes connaissances et à ton expérience, tu sais si quelqu’un est bon ou pas.

Tu es le plus connu des trois et pourtant tu ne te mets pas plus en avant. Tu penses que c’est la base d’un groupe ?
Exactement. J’ai fais mes dents avec La Cliqua et j’ai connu le bon et le mauvais coté d’un groupe. Quand j’ai fais « Les jeunes de l'univers » ma carrière à explosée et ça a crée des jalousies au sein du groupe. Un groupe c’est essayer de mettre tout le monde au même niveau, sur le même pied d’estalle et avec Très Coronas c’est le cas. Sinon j’aurais fait Rocca et les autres mais là, c’est Tres Coronas.

C’est trois couronnes au même niveau.
Voilà, tu as tout dit.

Et Rocca en français, c’est fini ?
Non, t’es ouf ! Actuellement j’ai envie de travailler en groupe car cela me fait du bien et j’espère pouvoir sortir 2 ou 3 albums avec Tres Coronas. Après on verra !

L’album sort quant aux Etats Unis ?
En août.

Une tournée de prévue avec Tres Coronas ?
Ouais, à la rentrée.

Vous passerez en France ?
Bien sûr.

En tout cas big up pour cet album, puissant et frais.
Comme tu dis, c’est frais. C’est un mot que j’utilise souvent pour parler du rap latinos. Je suis content que la langue ne fasse pas barrière. C’est là que je me dis que la musique dépasse toutes les frontières. Merci, c’est cool que tu as apprécié car c’est un album qui est fait pour les kiffeurs, les mecs qui aiment la musique et qui en ont ras le bol rap bling bling et des conneries. Peut-être que la relève du rap est chez les latinos ?

Tu a 30 ans et si tu te retournes, tu vois quoi ?
Je ne me retourne pas !

Et si tu regardes devant ?
Encore la moitié du chemin à faire.

Merci Rocca, portes-toi bien.
Ciao loco.

Website : www.trescoronas.net

Propos receuillis par b. / Photos by Armen : www.armenexpo.com
Thanx à Christine de 2Good Productions : www.2good.fr

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